4.2 Recommandations

4.2.10 A propos du rôle des secteurs

Les Conseils plaident pour davantage de collaboration entre les secteurs, et plus concrètement entre les fonds de formation sectoriels et entre les autres institutions sectorielles susceptibles de contribuer à une amélioration de la mobilité des demandeurs d’emploi.

Dans le cadre de cet avis, les Conseils adressent deux recommandations aux secteurs. Ils invitent tout d’abord les secteurs à examiner comment ils pourraient utiliser les instruments dont ils disposent (p.ex.

les fonds de formation) pour contribuer à une meilleure mobilité géographique et interrégionale des demandeurs d’emploi. Ensuite, ils demandent aux secteurs : 1) d’exploiter de manière plus active la possibilité de demander au SPF Mobilité et Transport une analyse de leur secteur sur la base des données transmises dans le cadre du premier diagnostic fédéral domicile-lieu de travail ; 2) d’utiliser cette analyse comme base de leurs discussions sur l’amélioration de la mobilité entre le domicile et le lieu de travail.

Les Conseils recommandent aux secteurs de prendre en considération des exemples de bonnes pratiques (good practices) et de s’inspirer éventuellement des actions relatives à la mobilité interrégionale en matière d’emploi proposées par le Regionaal Economisch Sociaal Overlegcomité (RESOC – Comité de concertation socio-économique régional), les Sociaal-Economische Raden van de Regio (SERR – Conseils socio-économiques de la Région) et les Comités subrégionaux de l’Emploi et de la Formation (C.S.E.F.).

Exemples de « good practices » :

- les efforts des partenaires sociaux (CCT, plans de déplacements d’entreprise, etc.) en vue d’éliminer les facteurs qui empêchent un déplacement rapide entre le domicile et le lieu de travail ; - les stages linguistiques pour demandeurs d’emploi néerlandophones organisés par le CEFORA (le

centre de formation de la CPNAE - Commission Paritaire Nationale Auxiliaire pour Employés) en collaboration avec le VDAB. Un « stage linguistique » peut être assimilé à une immersion linguistique dans un environnement professionnel et il donne la possibilité au demandeur d’emploi de s’exercer dans l’autre langue nationale sur le lieu de travail. D’une durée de quatre semaines,

ces stages linguistiques sont destinés aux demandeurs d’emploi hautement qualifiés qui possèdent une connaissance moyenne du français. Les places de stage sont recherchées dans les entreprises wallonnes situées juste au-delà de la frontière linguistique.

- dans le secteur du textile :

o les formations linguistiques visant à promouvoir l’intégration sur le marché du travail ; o l’orientation des demandeurs d’emploi vers des fonctions (critiques) à travers des formes

d’apprentissage sur le lieu de travail (instructeurs94, parrains95, coaches96);

- dans le secteur de la construction : cours de langue « néerlandais sur le lieu de travail » et « français sur le lieu de travail » ;

- dans le secteur hospitalier : formations linguistiques subventionnées dans les hôpitaux bruxellois (privés et publics). Ces hôpitaux encouragent leur personnel à suivre cette formation linguistique pendant les heures de service ;

- dans le secteur intérimaire :

o le projet « Uitzendbus » Louvain-aéroport-Brucargo-Diegem (pour lequel la Province du Brabant flamand a collaboré avec l’ASBL Vooruitzenden Stichting Interim et avec Werkwinkel (boutique de l’emploi) dans le cadre du projet MOBIDESK), qui s’adressait spécialement aux travailleurs intérimaires qui, souvent, ne disposent pas de propres moyens de transport et ne peuvent pas se rendre la nuit à leur travail via les transports en commun (ce projet a été un succès) ;

o l’action « Vooruitzenden », via laquelle le secteur intérimaire donne un contenu concret aux engagements figurant dans le protocole sectoriel conclu avec le gouvernement flamand. « Vooruitzenden » s’articule autour de cinq thèmes centraux, à savoir la mobilité, la formation, l’adéquation entre l’enseignement et le marché du travail, les groupes à risques et la diversité, et les actions positives lors de restructurations.

Les actions proposées par le RESOC-SERR97Zuid-West-Vlaanderen concernant la mobilité interrégionale en matière d’emploi, à savoir :

- une meilleure collaboration entre les TEC et De Lijn ;

- la promotion des transports publics depuis la Wallonie vers les zonings industriels de Flandre Occidentale ;

- l’octroi d’une prime de mobilité et d’un complément de garde d’enfants ;

- veiller à ce que, au niveau flamand, toutes les mesures flamandes (p.ex. Jobkanaal98, plans de diversité99 ,…) soient également accessibles aux demandeurs d’emploi francophones ;

94 Les instructeurs sont des pédagogues spécialement embauchés et formés. Il peut s’agir d’instructeurs internes ou externes. Lors de l’acquisition de nouvelles machines ou l’arrivée de travailleurs d’un autre domaine d’activité, par exemple, une entreprise fera parfois appel temporairement à des formateurs externes.

95Le parrainage désigne une approche structurée dans le cadre de laquelle un collègue apprend de manière systématique de nouvelles tâches à la personne nouvellement engagée. Les parrains sont des travailleurs expérimentés qui ont reçu une formation spéciale en matière de formation, de motivation et d’accompagnement.

96Les coaches sont des collègues qui apportent leur assistance aux nouveaux venus. Les coaches accompagnent leurs collègues, mais ils n’ont pas nécessairement été formés à cet effet.

97Le SERR (Conseil socio-économique de la région) regroupe les partenaires sociaux au niveau sous-régional. Le SERR recommande les initiatives en matière d’emploi des différents niveaux de pouvoir. Le SERR gère et contrôle les aspects relatifs à l’emploi du développement socio-économique de la région. Au sein du RESOC (Comité de concertation socio-économique régional), les partenaires sociaux du SERR sont rejoints par des représentants des villes et communes de la région et de la province.

98Jobkanaal est un instrument de recrutement destiné à trouver gratuitement et de manière efficace des candidats adéquats et motivés pour un poste vacant dans votre entreprise.

- les contacts entre le CSEF (Comité Subrégional de l’Emploi et de la Formation de Liège) et le

SERR en vue de développer des actions, par exemple un projet dans le cadre duquel des instructeurs wallons viennent se familiariser avec les fonctions critiques de Flandre dans des entreprises ;

- la mise sur pied d’actions de sensibilisation susceptibles de contribuer à une meilleure mobilité interrégionale. On pourrait envisager une campagne via les chaînes de télévision locales, par exemple dans le cadre de Transit100 , avec une approche articulée autour des «bonnes pratiques» ;

- le soutien des salons d’emploi transfrontaliers et interrégionaux réalisés par le biais d’une collaboration entre la Flandre occidentale, la Wallonie et la France.

Enfin, les Conseils invitent les secteurs et les entreprises à considérer/élaborer une réglementation relative à l’intervention financière des employeurs dans les frais de déplacement des travailleurs qui n’ont pas d’alternative à la voiture individuelle pour se rendre au travail, à savoir les travailleurs dont le lieu de travail n’est pas accessible en transports en commun.

4.2.11 A propos du rôle des services de l’emploi

Les Conseils plaident pour une collaboration encore plus étroite entre les services de l’emploi (VDAB, FOREm et ACTIRIS).

Les Conseils saluent les efforts visant à aboutir à une meilleure interchangeabilité des offres d’emploi entre les trois régions du pays.

En vue de promouvoir l’interchangeabilité, les Conseils considèrent également qu’il serait préférable que les trois régions définissent une base méthodologique commune, idéalement en concertation avec les acteurs du secteur privé, afin de pouvoir établir des statistiques plus complètes et plus comparables sur les vacances d’emploi entre les régions. Ils préconisent à cet effet une collaboration renforcée sur le plan des formations des demandeurs d’emploi et de l’établissement d’une classification professionnelle plus comparable, ce qui devrait faciliter l’harmonisation de la demande et de l’offre et l’échange d’offres d’emploi, également au niveau interrégional.

Ils demandent ensuite que la collaboration entre les services de l’emploi ne collaborent pas uniquement lors de restructurations transfrontalières, mais qu’ils soient impliqués, lors de chaque restructuration, au travail des cellules pour l’emploi101, et ce afin d’examiner s’il existe des opportunités pour les travailleurs concernés dans les autres régions, ou éventuellement dans d’autres pays. Ils invitent également les services de l’emploi à informer systématiquement les demandeurs d’emploi qui s’inscrivent chez eux des offres d’emploi disponibles pour ces personnes dans les deux autres régions du pays.

En outre, les Conseils jugent opportun qu’à l’exemple du VDAB, le FOREm et ACTIRIS concluent avec la SNCB et respectivement le TEC et la STIB un accord de coopération destiné à promouvoir la mobilité des demandeurs d’emploi.

99Dans un plan de diversité figurent les interventions qu’une entreprise souhaite réaliser pour accroître la diversité au sein de l’entreprise et, partant, pour lutter contre la tendance à la surreprésentation desdits groupes à risques (p.ex. les allochtones, les travailleurs handicapés, les plus de 50 ans et les femmes occupant des fonctions non traditionnelles) dans les chiffres du chômage.

100Transit = un magazine transfrontalier couvrant la région Lille – Courtrai – Tournai

101 Une cellule pour l’emploi est un accord de coopération dans le cadre duquel différentes parties (à savoir le service de l’emploi de la région où est situé le lieu d’établissement de l’entreprise touché par le plus grand nombre de licenciements, l’employeur ou les délégués patronaux, les délégués syndicaux, le fonds de formation sectoriel, le fonds de réinsertion, le bureau de reclassement et le SERR) unissent leurs efforts pour retrouver un emploi aux travailleurs licenciés dans le cadre de restructurations ou de licenciements collectifs.

In document CONSEIL NATIONAL DU TRAVAIL AVIS N° 1.641 CONSEIL CENTRAL DE L'ECONOMIE CCE 2008-861 CCR 10 (pagina 43-46)