Published in Annals of Surgery 2010;252(5):756-764

In document University of Groningen Preserving organ function of marginal donor kidneys Moers, Cyril (Page 98-112)

Dans la littérature archéologique, les termes « tour » et « bastion » sont souvent utilisés indifféremment pour désigner toute construction massive en saillie disposée le long d’un mur de fortification. Ce problème de définition est en partie lié à l’état de conservation de ces dispositifs qui, ramené à leurs fondations, ne peuvent pas toujours être identifiés avec précision. R. Ginouvès a proposé plusieurs points pour différencier la tour et le bastion776. Selon lui la première était plus haute que large, pouvait être creuse ou pleine et comportait au moins un étage. Quant au bastion, il consistait en un épaississement de la courtine, était toujours plein et ne comportait pas d’étage. Bien qu’il existe une différence typologique entre les deux ouvrages, nous emploierons les deux termes comme ils apparaissent dans les publications des sites étudiés.

Les remparts des établissements grecs de l’époque archaïque n’étaient jamais équipés de tours disposées de manière systématique. Les ouvrages de défense de flanc se rencontraient essentiellement près des portes. Le type le plus simple consiste en un épaississement du mur de fortification que l’on remarque souvent dans les sites dotés de portes à recouvrement comme Milet-Kalabaktepe (fig. 207) et Samos (porte G)777. L’objectif d’un tel procédé était de permettre une plus grande concentration de défenseurs à l’endroit le plus vulnérable de l’enceinte.

Dans le monde grec, le premier dispositif de flanquement identifié comme étant une tour est celui de Smyrne (Wall 1). Il est daté de l’époque géométrique778. La tour nord-est était

773

C’est en tout cas l’avis de K. Bittel (loc.cit., 65) en ce qui concerne la Cybèle de Büyükkale (l’auteur emploie le terme de Stadtbeschirmerin).

774 Sams, 1989, 447-454. Selon l’auteur (451-452), la présence de ces orthostates autour de la cour fermée

expliquerait l’existence des deux renfoncements symétriques dans le passage. Cet élargissement du couloir offrait une meilleure visibilité sur ces reliefs.

775 Il en était probablement de même à Kültepe et à Ankara mais les orthostates n’ont pas été retrouvés en place. 776 Ginouvès, 1998, 23-24.

777 Voir partie II.2.2.4. Les portes à recouvrement. 778

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prévue pour défendre la porte principale ouverte sur l’intérieur des terres. Cette construction était pleine et ne comportait probablement pas d’étage mais devait plutôt être couronnée d’une plateforme. Elle était composée d’un socle et d’une superstructure en pierre et ce dès le premier état du rempart. Ceci est d’autant plus remarquable que les courtines étaient composées d’une superstructure en briques crues. Le socle et la superstructure de la tour furent construits selon deux techniques et dans deux matériaux différents. Le socle était fait de blocs polygonaux et était surmonté d’une élévation en blocs rectangulaires de couleur blanche supposément taillés au ciseau779. D’un point de vue défensif, la tour donnait sur le côté droit de l’ennemi ce qui, si l’on en croit la littérature archéologique, ne représentait pas un avantage appréciable780. Elle semble tout de même avoir été en saillie par rapport au rempart. Bien que son identification soit débattue, sa configuration ne semble pas avoir été modifiée dans les phases postérieures781. L’existence d’autres tours sur le tracé n’est pas certaine. Une construction de ce type a peut-être existé dans la partie sud de la cité mais le plan des vestiges est mal assuré. La défense de Smyrne s’appuyait en revanche sur un dispositif défensif original qui ne trouve pas de parallèle dans le monde grec ou anatolien. L’Inner Defense Platform se situe au nord-est du site et son premier état daterait des environs de 740 (fig. 264)782. Cette plateforme aurait été partie intégrante du mur de la seconde phase et pourrait être interprétée comme une petite forteresse à l’intérieur de la ville dont le rôle était de renforcer la protection de la porte. Elle aurait été élargie à deux reprises, en 690 et en 630.

D’autres dispositifs de défense de flanc ont été mis au jour sur les murs de fortification de l’ouest micrasiatique. Sur le Kaletepe, une construction en projection vers l’extérieur semble avoir été prévue pour défendre de la porte principale (fig. 220). Située à 8 m au sud de cette dernière, elle donnait sur le côté gauche des individus qui souhaitaient pénétrer à l’intérieur de l’établissement. Ses dimensions sont irrégulières (3,85 x 5,85-6,0 m) de même que les techniques utilisées pour sa construction qui suggèrent une datation contemporaine de celle du mur de fortification783.

779 R. Frederiksen (2011, 222) après communication J.-C. Bessac, suggère que les Grecs n’utilisaient pas de

ciseaux au IXe s.

780 Voir partie II.2.2.4. Les portes à recouvrement. 781

Lang (1996, 241) réfute l’hypothèse que cet édifice fut une tour de même qu’elle considère que le mur géométrique (Wall 1) était un mur de terrasse et non un mur de fortification. Sur ce point voir partie I.6. L’Ionie, Smyrne.

782 Cook et Nicholls, 1998, 43-58. 783

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Sur les collines d’Altın Mağarası et Değirmenli à Phocée, plusieurs saillies rocheuses

paraissent avoir été aménagées pour servir de tour ou de bastion (fig. 270)784. Sur les deux collines, les sommets des petites éminences ont été nivelés. Sur la première colline, un système de double mur a été constaté et sur la seconde, les fondations taillées dans le rocher indiquent que l’épaisseur du mur atteignait de 3,60 à 4,30 m par endroits. Il ne reste malheureusement que les entailles effectuées pour recevoir les blocs et l’existence de telles constructions n’est pas tout à fait certaine. Il est cependant tout à fait envisageable que les pitons rocheux aient été utilisés pour assurer un rôle de surveillance.

A Samos, seule la tour 36 peut avec certitude être attribuée à la première phase du système de défense (fig. 36, ouest)785. Elle était placée sur la section qui fut rejetée en dehors du système défensif lors des réaménagements postérieurs. Cette construction se trouve dans la partie ouest de l'enceinte. De forme rectangulaire (9,75 x 7,50 m), elle était érigée dans les mêmes matériaux et selon la même technique que le reste des fortifications. Il est impossible de savoir si elle était dotée ou non d’un étage. Sa particularité est que cette tour était en saillie vers l’intérieur de la cité et non vers l’extérieur. D’un point de vue défensif sa valeur était extrêmement limitée puisque l’avantage d’une projection vers l’extérieur était d’offrir des possibilités de tir à 180°. D’autres tours jalonnaient peut-être le tracé de la muraille. Elles semblent cependant avoir été assez rares. D’une part, aucun autre exemplaire n’a été découvert sur la courtine longue de 200 m sur laquelle était installée la tour 36, et, d’autre part, la porte de la nécropole (G) n’était pas équipée de ce type de dispositif. Or c’est aux abords des portes que l’emploi de tours était le plus récurrent. Il faut cependant garder à l’esprit qu’une grande partie de la fortification reste inconnue – c’est notamment le cas du mur maritime qui n’a laissé aucune trace – et que l’enceinte fut en grande partie reconstruite à l’époque classique.

En ce qui concerne l’époque archaïque, les tours sont généralement placées aux portes ou à proximité. A Milet, la porte sud de Kalabaktepe était flanquée d’un petit bastion légèrement en saillie vers l’extérieur (entre 4,20 et 4,70 m depuis le mur). La porte orientale (Haupttor) était quant à elle encadrée par deux bastions (nord : 7,9 x 3,85m ; sud :

784 Özyi

ğit, 1994 (a), 80-82, fig. 1.D, ph. 4, 7-9, 13.

785

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6,8 x 3,35m). Ces trois constructions ont toutes été datées de la fin de l’époque archaïque sur la base de l’appareillage. Il est probable qu’elles fonctionnaient ensemble786.

La citadelle de Larisa sur l’Hermos fut équipée de huit tours qui ne sont pas toutes contemporaines (fig. 285)787. Les tours VII et VIII datent de la première phase d’aménagement des défenses au VIe s. et ont été reconstruites à la fin de l’époque archaïque/début de l’époque classique où leur emploi fut généralisé. Dans cet état, les tours sont toutes en saillie vers l’extérieur et sont judicieusement placées sur le tracé. Leur nombre est remarquable pour un ouvrage de taille si réduite. Ceci souligne encore une fois la volonté du commanditaire de donner une impression de puissance à la citadelle. Quatre d’entre elles présentent des murs de partition qui constituent des indices sérieux de la présence d’étages. Larisa est probablement dans l’ouest anatolien, le premier site où l’existence de véritables tours est attestée. Il ne s’agit pas, comme dans la plupart des autres sites, de bastions surmontés de plateformes. Ces constructions mettent encore une fois en exergue le caractère innovant des murailles de Larisa.

Dans le monde carien de la péninsule d’Halicarnasse, les dispositifs de flanquement sont assez récurrents. Ils sont presque systématiquement situés à proximité des portes (fig. 187). C’est le cas à Alâzeytin, Çilek Kalesi, Ören Avlusu, Büyük Çevrim et Tırman Sivrisi788. Comme nous l’avons suggéré précédemment, les toits des maisons jouaient le rôle de plateforme de défense. Certains établissements présentent cependant des sections de murs indépendantes jalonnées de constructions quadrangulaires en saillie (Alâzeytin, Çilek Kalesi) ou placées aux angles (Oyuklu Dağ). Considérant la faible conception des murs, il est peu

probable que ces dispositifs étaient dotés d’un étage. En tous les cas, ils ne disposent pas de murs de partition internes et la présence de poutres, destinées à supporter un éventuel plancher, n’a été nulle part démontrée. En ce qui concerne le nombre de ces dispositifs, il apparaît qu’il n’y ait rien eu de systématique. Certains sites possédaient un mur extérieur indépendant mais ne disposaient d’aucun ouvrage en saillie (Girel Kalesi) alors que d’autres (Alâzeytin) en étaient assez bien équipés. La datation des différentes étapes de développement de ces sites reste problématique. Il est très probable que la construction des enceintes

786 von Gerkan, 1925, 26-37, pl. III-IV (en particulier fig. 26). 787 Boehlau et Schefold, 1940, 44-56.

788

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indépendantes soit attribuable à une seconde phase de construction mais il est impossible de le prouver en l’absence de recherches approfondies789.

Dans le centre de l’Anatolie, tous les sites ne semblent pas avoir été équipés de ce genre ce dispositif. A Gordion, les deux cours flanquant l’entrée (YHSS 6A et 6B) ne sont pas interprétée comme des tours. Le reste de l’ouvrage reste inconnu. L’apparition de véritables tours de flanc remonte vraisemblablement à la construction de l’enceinte extérieure datée dans la première moitié du VIe s. Le vague plan qui nous est parvenu fait état de plusieurs ouvrages régulièrement espacés et en saillie vers l’extérieur (fig. 14)790. Neufs tours ou bastions ont été déterminés sur la très courte portion mise au jour. Ceci laisse penser qu’au total, l’ouvrage en possédait plusieurs dizaines.

Ailleurs en Anatolie centrale, les tours et les bastions semblent avoir été largement utilisées791. Des dispositifs de flanquement paraissent avoir été récurrents sur les tracés des fortifications de Çevre Kale, de Gâvurkalesi, de Boğazköy (Südburg et Büyükkale), de

Kerkenes, d’Alişar Höyük et de Pazarlı. Les tours de ces établissements sont toutes en saillie

vers l’extérieur.

Dans le cas du site de Çevre Kale, le nombre exact de ces constructions est inconnu et, en l’absence de fouilles, il a été impossible de déterminer si ces tours étaient pleines ou vides792. Ces constructions furent accolées contre le parement extérieur de l’enceinte et non chaînées dans le mur. Il en était de même Kerkenes et à Boğazköy (Büyükkale). Dans les trois

cas, les tours ou bastions sont contemporains des courtines et ne paraissent pas appartenir à une seconde phase de construction.

Le site de Yenidoğan a été fouillé mais n’a pas fait l’objet d’une publication détaillée.

Bien qu’aucun plan n’ait été dressé, le fouilleur évoque la présence de 7 tours sur le tracé de l’enceinte extérieure793. Elles auraient été placées à intervalles réguliers tous les 16 m. Certaines d’entre elles avaient un front long de 7 m et faisaient saillie de 3 m par rapport à la ligne du mur. Quatre autres tours ou bastions équipaient le mur intérieur.

789

Radt, 1970, 142-143 ; Voir aussi Rumscheid, 2009, 184.

790 Edwards, 1959, pl. 64 fig. 4.

791 Se référer aux plans des sites énumérés. 792 Summers, 1992, 188 et suiv.

793

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Les murs de fortification du Büyükkale à Boğazköy, ont subi un examen approfondi

qui a montré que le rempart était équipé de 14 bastions (conservés) qui étaient installés à intervalles compris entre 11,2 et 39 m (fig. 67)794. La longueur de leur front extérieur était comprise entre 6 et 7 m et celle de leurs flancs entre 1,7 et 2,5 m. Ces constructions ont été érigées contre le mur et n’étaient pas chaînées avec ce dernier. Il est possible d’envisager que cette absence de chaînage était prévue pour préserver l’intégrité du mur en cas de destruction des ouvrages en saillie. Sur le Büyükkale, il semble que ces constructions furent pleines tout comme celles qui équipaient l’ouvrage voisin. La fortification du Südburg était équipée d’au moins 11 bastions (fig. 81). Le nombre pourrait être plus élevé puisque la partie nord des défenses n’est pas conservée. Ces constructions semblent avoir été pleines bien qu’elles ne soient conservées que sur une faible hauteur. Leur conception est similaire mais leur taille et leur degré de projection sont variables. Les petits bastions à faible saillie (1 m environ) sont placés sur les courtines (11, 1, 3, 5, 6, 8) alors que les plus imposants et les plus saillants sont placés de part et d’autre de la porte (9 et 10) ainsi qu’aux angles (7, 4, 2). Contrairement à l’ouvrage précédent, les tours étaient en connexion avec le mur d’enceinte.

A Kerkenes, le circuit fortifié long de 7 km était doté de 68 tours dont 41 sur la partie ouest et 27 sur la partie est (fig. 100-101)795. Chacune des portes était flanquée d’au moins deux constructions de ce type. Aucune d’entre elles n’est conservée en totalité de sorte qu’il est impossible d’évaluer leur hauteur. Pour ce qui est de leur rapport avec la courtine, il semble qu’elles aient été construites comme des bâtiments indépendants puisqu’elles étaient appuyées contre le parement externe du mur. Ceci n’induit aucune différence de datation puisque l’ouvrage fut vraisemblablement planifié et construit au cours d’un seul et même programme. Ceci témoigne simplement qu’à l’instar du glacis, les tours ont été mises en place après la construction du mur de fortification796. De plan carré ou rectangulaire, les tours n’ont pas été implantées ni construites selon un système fixe mais elles ont été prévues pour tirer le meilleur parti de la topographie et offrir le meilleur potentiel défensif797.

A Alişar, les tours étaient présentes sur les fortifications de la citadelle et sur

l’enceinte extérieure (fig. 85)798. A l’ouest, la citadelle comprenait un gros bastion irrégulier

794 Neve, 1982, 148. Le nombre de tour donné correspond à la phase la plus ancienne de l’âge du fer (Bk Ic).

Dans les phases suivantes, les tours ont été reconstruites ou réparées.

795 Atalan-Çayırezmez, 66 et suiv., voir particulièrement 67, fig. 3.34. 796 Summers, 2000, 59 et n.9.

797 Summers et al., 1996, 213. 798

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accessible par une volée de marches. L’entrée principale était équipée du même type de construction sur sa partie ouest alors que sur sa partie est, on constate un fort épaississement de la courtine. Sur le flanc ouest, un ancien bastion a été aménagé à l’âge du fer pour permettre la communication avec la ville basse. Enfin, un autre bastion, plus ou moins carré, a été érigé au nord de l’ensemble. C’est à cet ouvrage que se raccrochait l’enceinte extérieure. La citadelle était donc assez lourdement défendue. Le même constat peut être effectué au sujet des fortifications de la ville basse. Les parties conservées de l’ouvrage montrent que le nombre de tours était important. La courtine sud compte trois tours faisant saille à la fois vers l’intérieur et vers l’extérieur. La courtine construite selon un axe SO-NE comptait cinq dispositifs similaires. La plus grosse tour se situait à la jonction de cette courtine et de celle qui rejoignait la citadelle selon un axe NO-SE. Cette dernière a été conçue différemment des deux autres car elle ne présentait que deux petits bastions en légère saillie vers l’extérieur.

Le plan des défenses de Pazarlı présente sur la partie sud trois grands bastions en saillie placés à la jonction de courtines convergentes formant un angle aigu (fig. 95-96)799. Leur efficacité défensive était accrue du fait des décrochements de l’enceinte. Du haut de ces constructions, les défenseurs bénéficiaient d’un angle de tir supérieur à 180°. D’après la restitution proposée par les fouilleurs, trois autres tours ont pu garder l’établissement dont la partie nord-est. Ces constructions étaient appuyées sur le rocher naturel formant une barrière défensive naturelle. Les fortifications de Pazarlı sont assez uniques en leur genre car, à l’âge du fer, ce plan en dents de scie ne trouve pas de parallèle.

REMARQUES SUR LES TOURS ET BASTIONS

Dans le monde grec anatolien préclassique, les tours et les bastions sur les enceintes fortifiées étaient rares. Ce type dispositif était généralement dévolu à la défense des portes (Smyrne, Milet, Gargara, Phocée ?) et ne jalonnaient pas régulièrement les courtines. Cette rareté s’explique peut-être en partie par des problèmes de conservation mais les quelques murailles dont le tracé peut être suivi sur des distances assez longues (Smyrne, Lamponia, Kaletepe, Kalabaktepe), ne témoignent pas en faveur d’une utilisation généralisée des tours et des bastions. Un emploi plus fréquent de ce type de dispositif est perceptible à la toute fin du VIe s. à Milet et à Larisa mais il est difficile de parler d’une généralisation du phénomène en se basant sur seulement deux exemples. Le cas de Phocée est ambigu car si des éminences

799

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rocheuses ont vraisemblablement été aménagées rien n’indique que le reste du tracé fut doté de dispositifs de défense en saillie. La multiplication des tours sur les fortifications grecques à la fin de l’archaïsme s’explique peut-être par l’augmentation des attaques directement portées contre les cités par les Lydiens et par les Perses. Il y aurait donc une corrélation entre le perfectionnement des systèmes de défense et le développement de la guerre de siège.

En Carie, la défense des murailles reposait essentiellement sur les bâtiments domestiques. A l’occasion d’opérations d’agrandissement de l’aire défensive, des murs indépendants ont été construits et ont été dotés de dispositifs de défense en saillie. Si l’aménagement de ces enceintes extérieures est notable sur plusieurs sites, la mise en place de tours n’était toutefois pas systématique. En effet, si l’on rencontre ce type de dispositif en nombre à Alâzeytin (partie est) et à Gökçeler, ils étaient presqu’absents à Girel Kalesi ou à Ören Avlusu. La chronologie est encore bien mal établie et il est difficile de préciser la date de leur apparition. Leur multiplication dans les enceintes cariennes doit certainement être envisagée en rapport avec leur multiplication dans les fortifications grecques. En somme, l’apparition des tours est un phénomène que l’ont peut envisager en parallèle dans le monde grec et dans le monde carien.

L’étude des sites fortifiés d’Anatolie centrale montre en revanche que l’utilisation de tours et de bastions était déjà récurrente vers la fin du VIIe s. ou au début du VIe s.. A Gordion (Küçük Höyük), sur le Çevre Kale, à Yenidoğan, à Gâvurkalesi, à Boğazköy, à Kerkenes, à

Alişar et à Pazarlı, les enceintes fortifiées témoignent d’un emploi systématique de tours,

aussi bien aux portes que le long des courtines. Les exemples relativement bien datés de Gordion-Küçük Höyük, Boğazköy et Kerkenes montrent que leur utilisation était généralisée

au tournant du VIIe s. et du VIe s. Cela s’explique par la proximité des sites proche-orientaux, par une possible continuité de la tradition architecturale hittite et par l’influence des cités syro-hittites800. En effet, près d’une trentaine de tours jalonnaient l’enceinte de Karatepe et

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