2.3.3.1 Caractéristiques syntaxiques

Riegel et al. (2004) soutiennent que l’adjectif, noyau du groupe adjectival, dépend généralement d’un nom ou d’un pronom présent dans la phrase. Sa relation avec ce nom ou ce pronom peut prendre différentes formes : l’adjectif peut être attribut du sujet ou attribut du complément direct s’il est relié au groupe nominal par l’intermédiaire d’un verbe; il peut être apposé ou détaché s’il précise un groupe nominal dont il est séparé par une pause et par l’intonation; il peut être épithète1, s’il agit comme modificateur facultatif dans le groupe nominal. L’adjectif épithète est

1

Le terme épithète n’est plus utilisé aujourd’hui dans le Programme de formation de l’école québécoise (2001) ni dans les grammaires scolaires. On parle plutôt de la fonction complément du nom pour l’adjectif qui complète le nom dans le groupe nominal.

celui qui entretient le lien le plus étroit avec le groupe nominal, en ce sens qu’ils ne peuvent être séparés l’un de l’autre ni par un complément du nom, ni par une relative (*La question de Paul insignifiante / La question insignifiante de Paul), à moins que le nom ne forme avec un autre mot une unité lexicale codée (le match de hockey excitant).

Certains adjectifs se placent toujours après le nom. C’est le cas, entre autres, des adjectifs classifiants (qui désignent une caractéristique indépendante du point de vue de l’énonciateur), des adjectifs qualifiants (qui désignent une qualité ayant, selon le point de vue de l’énonciateur, une valeur positive, négative ou neutre) indiquant la couleur ou la forme, des adjectifs utilisés pour décrire des caractéristiques objectives qui peuvent être perçues par simple observation (amer, sec, clair, trouble, creux, idiot, laid, sucré), des adjectifs suivis d’un complément (un bon ordinateur, mais un ordinateur bon à jeter), des adjectifs modifiés par un adverbe (un long discours, mais un discours extrêmement long), des participes passés et de plusieurs adjectifs verbaux. D’autres adjectifs précèdent toujours le nom comme les adjectifs ordinaux, certains courts adjectifs d’une ou deux syllabes utilisés fréquemment pour décrire un nom (beau, bon, grand, gros, haut, joli, long, petit, vieux, vilain, etc.) et les adjectifs « de nature » qui indiquent une caractéristique traditionnellement reliée à ce nom (les vertes prairies, la blanche neige). (Riegel et al., 2004)

Les expansions possibles sont l’adverbe modificateur précédant l’adjectif (par exemple, la très jolie maison), le groupe prépositionnel placé après l’adjectif (par exemple, une route longue de dix kilomètres) ou la subordonnée complétive (Elle est heureuse que nous soyons venus.). (Laporte et Rochon, 2007)

Selon Chartrand et al. (1999), l’adjectif qualifiant est « gradable », c’est-à-dire qu’il peut être mis en degré par un adverbe modificateur (par exemple, l’adverbe très), ou par un adverbe qui indique un degré de comparaison (par exemple, plus, aussi, la plus). L’adverbe modificateur constitue alors une expansion du groupe adjectival. L’adjectif qualifiant peut, enfin, être utilisé comme attribut (ex. : Mon frère

est ponctuel) et être accompagné de compléments (Le gratte-ciel haut de 800 mètres). L’adjectif classifiant, quant à lui, ne peut être accompagné d’un adverbe modificateur, ou être placé en position d’attribut.

L’adjectif, tel que mentionné plus haut, se trouve habituellement dans un groupe nominal (il en est alors le complément) ou après un verbe attributif (il est alors attribut du sujet de ce verbe). Pour le reconnaître dans une phrase, il est donc important de chercher un groupe nominal ou un verbe attributif qu’il pourrait accompagner. De plus, dans une phrase, un adjectif peut être remplacé par un autre adjectif. (Laporte et Rochon, 2007)

2.3.3.2 Caractéristiques morphologiques

Selon Riegel et al. (2004), l’adjectif reçoit habituellement le genre et le nombre du groupe nominal auquel il est lié. L’adjectif varie généralement en genre et en nombre, sauf dans certains cas. C’est le cas, entre autres, de certains adjectifs de couleur qui sont issus de noms communs (aubergine, cerise et marron), des adjectifs de couleur complexes (bleu clair) et des adjectifs composés de deux adjectifs dont le premier modifie le deuxième comme le ferait un adverbe (des filles court-vêtues). De plus, les adjectifs nu et demi demeurent invariables lorsqu’ils précèdent un nom et sont alors liés à ce dernier par un trait d’union (nu-tête, demi-éclairé). L’adjectif demi, lorsqu’il suit le nom, ne s’accorde qu’en genre (deux heures et demie). L’adjectif complément du nom utilisé pour décrire plusieurs noms à la fois se met au pluriel si les groupes nominaux sont au pluriel ou s’ils sont coordonnés par et, ni, ainsi que ou comme; si les groupes nominaux sont coordonnés par ou, l’adjectif s’accorde avec le groupe nominal auquel il est lié si la conjonction ou est exclusive, sinon, il se met au pluriel. Si l’adjectif complément du nom se rapporte à un seul groupe nominal pluriel, il demeure au singulier si chaque adjectif se rapporte de façon distincte à un seul des divers aspects du nom (les monnaies canadienne et américaine), mais il se met au pluriel s’il décrit plusieurs référents désignés par le groupe nominal (Les étudiantes canadiennes et américaines).

Certains adjectifs sont simples, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent être décomposés (joli), alors que d’autres sont complexes (Chartrand et al., 1999). Cette dernière catégorie est formée des adjectifs composés (par exemple, rouge foncé) et des adjectifs dérivés, soit ceux formés à partir d’un mot auquel on ajoute un préfixe ou un suffixe (par exemple, jaunâtre). (Laporte et Rochon, 2007)

2.3.3.3 Caractéristiques sémantiques

Pour Riegel et al. (2004), l’adjectif indique une qualité ayant, selon le point de vue de l’énonciateur, une valeur positive, négative ou neutre (pour les adjectifs qualifiants), par exemple, un vêtement sale ou une surface brillante. L’adjectif peut aussi être utilisé pour désigner une caractéristique indépendante du point de vue de l’énonciateur qui permet de catégoriser la réalité que désigne le nom et d’identifier une propriété relationnelle du nom (Boivin et Pinsonneault, 2008) (pour les adjectifs classifiants), par exemple, les animaux carnivores. Ainsi, les adjectifs peuvent être divisés en deux catégories : qualifiants et classifiants.

Pour Chartrand et al. (1999), il est possible de « mettre en degré » un adjectif de trois façons différentes : la mise en degré positive, qui indique l’état neutre de la réalité exprimée par le nom, sans comparaison; la mise en degré superlative, qui, à l’aide d’adverbes comme très, du suffixe issime ou de préfixes comme extra, archi, hyper, exprime une intensité maximale; enfin, la mise en degré comparative qui exprime l’égalité, la supériorité ou l’infériorité entre deux réalités. Cette dernière catégorie peut être divisée en deux sous-catégories : la comparaison horizontale, qui compare deux réalités différentes, et la comparaison verticale, qui compare une réalité avec elle-même. (Bosquart, 1998)

Selon Riegel et al. (2004), certains mots appartenant le plus souvent à d’autres classes grammaticales sont parfois des adjectifs dans certains contextes. C’est le cas des participes présents et passés (un exemple parlant, le bouquet fleuri), de certains noms (un roman fleuve), de mots qui sont tantôt utilisés comme noms, tantôt comme adjectifs (le joueur, le garçon joueur), des expressions nominales (l’animateur bon

enfant), d’expressions prépositionnelles indiquant un état ou une propriété (il est de bonne humeur) et d’adverbes (Mon frère semble bien.).

2.3.3.4 L’enseignement de l’adjectif durant la 2e année du 2e cycle du primaire selon la Progression des apprentissages (2009)

Les élèves de la 2e année du 2e cycle sont amenés à développer des connaissances reliées à l’adjectif qui se retrouvent dans la Progression des apprentissages (2009). D’abord, ils sont invités à observer des caractéristiques de l’adjectif : l’adjectif peut être placé avant ou après le nom et après le verbe être; l’adjectif sert à décrire ou à préciser un pronom; l’adjectif est receveur d’accord : il reçoit le genre et le nombre du pronom. Il est à noter que le lien entre l’adjectif et le nom (L’adjectif sert à décrire ou à préciser un nom; l’adjectif est receveur d’accord : il reçoit le genre et le nombre du nom) devrait être acquis depuis la 1ère année du 2e cycle selon la Progression des apprentissages (2009).

Par la suite, les élèves utilisent des manipulations pour identifier un adjectif, c’est-à-dire remplacer un adjectif par un autre et ajouter le mot très devant l’adjectif si ce dernier est qualifiant, et ils peuvent ainsi identifier l’adjectif, receveur d’accord dans le groupe nominal. Ensuite, ils énoncent la règle d’accord de l’adjectif avec le nom dans le groupe nominal et celle de l’accord de l’adjectif qui suit le verbe être avec le nom ou avec le pronom dont il dépend sans toutefois nommer les fonctions sujet et attribut du sujet. Enfin, les élèves sont amenés à repérer les adjectifs et à les relier au nom noyau donneur. Puis, ils doivent justifier les accords en genre et en nombre dans des phrases correctement orthographiées, selon les cas à l’étude, en exprimant un raisonnement grammatical complet (accord de l’adjectif avec le nom, sans identifier le groupe du nom; accord de l’adjectif avec le nom dans le groupe du nom) et justifier l’accord de l’adjectif qui suit le verbe être, sans pour autant nommer la fonction attribut du sujet. Selon la Progression des apprentissages (2009), toutes

In document Scriptie. Een onderzoek naar de tevredenheid van de interne klant van de Inkoopafdeling van het Diaconessenhuis Leiden (pagina 66-70)